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Le vert profond de ses yeux en amande essaie de le voir, là bas dans le lointain, sur son trois mats, rentrant de ses combats maritimes. Combien il est difficile de l’attendre quand sa propre vie est liée à la sienne, damnée pour l’éternité.
Les embruns fouettent son visage alors que son épaisse chevelure rousse bat tel le pavillon corsaire. Lentement, elle redescend des remparts. La cité est en effervescence, certains navires étant revenus de nombreuses batailles. Les femmes de petite vertu ricanent de façon triviale, collant leur bas ventre à celui excité des matelots en mal de libations charnelles. Elle les fixe sans vraiment les voir, trop angoissée par quelques drames qui auraient pu ôter la vie de son loup indomptable. Les hommes sont sales, leur pelisse couverte de rhum. Le dégoût s’accroche au cœur de la jeune femme à la vue du sourire édenté, ne laissant qu’apparaître le noir des dernières dents gâtées, d’un homme appuyé lourdement sur sonhallebarde. Il semble posté pour garder lecarrefour… en attendant que les chiens affamés de la Tour du Guet ne prennent la relève, lorsque les portes de Saint Malo se fermeraient.
Elle secoue doucement la tête et se dirige vers le port, porte délicatement sa main à son cou caressant avec tendresse le lien d’amour qui les unit. Une petite clochette ciselée en argent. Ce lien si doux, si fort qui les unis même par la distance, ou la rage d’un abordage. Comment pourrait il en être autrement. Alors qu’elle était née dans un berceau empli de paille, fille de tavernier, pirate en cavale, il lui avait montré à son égard un respect qu’elle n’avais pas l’habitude de recevoir. Il avait fait fi de saréputation de chatte sauvage, comprenant que pour elle l’honneur était chose importante et qu’elle ne se laisserait pas aller en des jeuxsulfureux. Pourtant, lui, capitaine corsaire, noble reconnu et estimé, avait réussi à l’apprivoiser et contre l’avis de tous, l’avait faite femme devant Dieu et les hommes.
Elle sourie. Un petit mousse la bouscule soudain, tout gêné balbutie en reconnaissant la jeune femme.
« m’dame.. Votre époux… le loup… il est rentré… les cales du *Diaoul* sont remplies pour le roi »
Son coeur s’échappe, elle se met à accélérer le pas… et là, le trois mats se dresse fièrement. La jeune femme le cherche du regard. Tous les matelots sont entrain de décharger sous les ordres du contremaître. Ses yeux s’embuent de larmes… mais ou est il ? Un mouvement attire son regard… et au milieu de ses larmes naît un sourire radieux.
Il se tient sur le bastingage, fier et droit. Le soleil couchant lui donne un air conquérant et merveilleusement indécent. Son sourcil gauche brun se soulève alors qu’il la voit à son tour, un sourire malicieux adoucissant soudain les traits de son visage tanné par le soleil et la mer. Elle pleure de le savoir en vie, remercie en des prières muettes les Cieux et la mer de l’avoir épargné.
Elle va à sa rencontre faisant bien attention où elle met lespieds, alors qu’il est déjà près d’elle comme par magie. La saveur de la bouche est pour elle la plus douce récompense à son attente. Il prend le temps de la retrouver, se moquant de qui pourrait les contempler. Puis avec une infinie tendresse, il se recule légèrement, s’agenouille devant elle, le regard émerveillé.
Il vient de poser ses deux mains sur ce ventre arrondi et murmure un « je vous aime » attendri. Elle pose sa main sur sa chevelure noire bouclée, et sait que leur lien ne sera jamais effacé.
Comme si j'avais quinze ans,
Et si je pouvais rêver,
D'étoiles et de firmaments,
Je serai la plus heureuse des fées,
Si tu m'offrais ton coeur d'amant,
Je t'aime tout simplement.
Si tu pouvais donner,
En oubliant le temps,
Et ouvrir en grand ton coeur,
Pour vivre ensemble notre bonheur,
Tu serais le plus heureux des rois,
Je crois, si tu voulais encore de moi.
Je t'aime tout simplement.
Roses et Lys en bouquet pour m'offrir à toi,
Lilas et Crocus pour celui qui est mon roi,
Pétales de vie, d'amour pour nos doux émois,
Je crois en toi, et c'est ma foi.
Si je pouvais chanter,
Comme le bel oiseau lyre,
Et si je pouvais danser,
Pour t'avouer tous mes moindres désirs,
Je serai la plus heureuse des fées,
Si tu me disais enfin m'aimer.
Je t'aime à tout jamais.
Si tu pouvais m'aider,
A me jeter dans tes bras,
Si tu pouvais me serrer,
Là à jamais contre toi,
Tu serais le plus heureux des rois,
Si enfin tu m'avouais m'aimer.
Je t'aime à tout jamais.
Roses et Lys en bouquet pour m'offrir à toi,
Lilas et Crocus pour celui qui est mon roi,
Pétales de vie, d'amour pour nos doux émois
Je crois en toi... tu es ma foi ... Je suis à toi.
©Alvyane
Longtemps... j'ai pensé que j'avais passé le pas, fais taire une haine qui en moi était pourtant enfouie. L'art de ne pas parler, l'art de dissimuler, l'art de faire croire qu'on a oublier... mais les démons eux... ne vous oublient... ils reviennent sournois, s'amusent à vous voir souffrir, à vous voir vous débattre dans une existence qui n'est jamais que survie.
Leurs regards sont plein s de mépris, vous rabaissent plus bas que la terre elle même, vous montrent que vous n'êtes plus rien, ni femme, ni être humain... à la rigueur une chose dont on prend plaisir, une chose que l'on veut asservir... Mais vous... vous vous battez, vous faites comme si rien n'était arrivé.. d'ailleurs n'est ce pas ce que l'on vous a appris depuis le plus jeune age... ne rien dire, paraitre, et se taire.... mais la haine s'accroche en vous, et vous devenez une autre, alors qu'en vous il y a celle qui devrait être.
Et puis... la révolte... face à l'indifférence général, à la non justice, à la non responsabilité que l'on voit se développer un peu plus chaque jour... les trois singes ont fort bien montré l'exemple, ils ont eu des disciples fort attentifs à leurs actes... mais aujourd'hui... moi je nais... une naissance un peu particulière... je laisse partir ma haine lentement, ma haine pour cet homme bestial, animal, violent... ma haine pour la personne qui fait comme si rien n'était arrivée ou détourne la tête pour ne pas voir le viol commis devant lui, ou la violence donnée...
Je veux vivre et non plus survivre... voir mon avenir... je ne pardonnerai jamais, et j'ai le droit de ne pas pardonner ce qu'on m'a pris, ce qu'on m'a fait... j'ai le droit de ne pas l'absoudre alors qu'il ne fut pas punie, cela me calme, et je me sens étrangement tranquille...
Le début de ma vie... vient tout juste de naître... écoutez mon cri , c'est celui de ma naissance.






