Sensualité

Dimanche 26 février 2006
 
« L’argile est votre amant, façonnez la à l’image de cette perfection des sens qui vous habite. »
 
La phrase de mon professeur revenait sans cesse…comment pouvais je seulement imaginer que ce morceau de terre devant moi pouvait avoir quelque chose de sensuel, de doux et d’intense tel un amant. Je fixais un instant la pièce dans laquelle je me trouvais, délicieux endroit que ce boudoir attenant à ma chambre. La demeure de dame Gamaliel était des plus belles et elle m’avait donnée là l’une de ses plus jolies chambres.
 
Simplement vêtue de mon kimono de satin bordeaux, je tournais un instant autour de ma tour de potier… être mon amant… être mon amant… je poussais un soupir de résignation… bien, inutile de tourner sans cesse, il me fallait agir et surtout… comprendre… je pris donc un petit récipient où je mis de l’eau fraîche. Je fixais intriguée, mon « amant » et m’installa devant lui… c’est alors que me vint une idée saugrenue…. Rapidement, je mis la pièce dans une pénombre chaleureuse que les bougies pouvaient elles seules m’offrir, puis, je mis un peu de musique… de celles qui me font sentir femme dans mes instants solitaires.
 
La douceur du soir a rafraîchi l’air de mon antre… le souffle du vent oscille les flammes qui m’apportent le peu de lumière dont j’ai besoin. Leurs mouvances sur les murs sont pareilles à des corps qui dansent et s’accouplent, elles s’accélèrent et soudain se calment pour laisser s’apaiser le feu qui les gagne. Tout semble soudain se ralentir, mes yeux ne restant absorbés que par la contemplation de cet « amant » de terre.
 
Combien il m’attire… que pourrai je lui apporter pour lui offrir la vie… celle qui le fera jaillir du plus profond de ce qu’il est ??? Matière brute et dure n’attendant que la main féminine pour lui permettre de prendre forme et de grandir. Je souhaite lui donner ce plaisir et le faire devenir puissance conquérante entre mes doigts. Mes yeux s’attardent, le devine, le cherche, alors que mes mains lentement le dessinent, le malaxent, l’apprivoisent. Je mène ma main dans le bol et y prend un peu d’eau. Goutte à goutte, je la fais tomber sur lui, prémices de caresses plus personnelles… mes mains glissent sur lui et je le vois qui s’élève amenant à mon visage un sourire sensuel et satisfait. Le voilà qui se bombe et se dresse fier devant moi, me défiant par sa posture de continuer mes savantes tortures.
 
De mon ongle, je décide alors de le taquiner… là … sur le bout, sur ce qu’il est chez lui le plus haut… et alors que de mon genoux, je fais tourner son piédestal je le vois qui doucement s’évase vers l’extase, se creusant un peu plus, laissant s’échapper des éclaboussures de lui-même, résultat de son orgasme arrivé.
 
C’est alors que je poussais moi-même un soupir satisfait mais quelque peu attristé… car là devant moi se tenait… mon vase terminé.
 
©Alvyane
 
Par Alvyane
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Lundi 27 février 2006
Le jour lentement se lève et laisse les ombres de la nuit doucement s’évaporer. Le temps n’a plus de prise sur la beauté de l’instant… magie des Dieux qui nous habite alors que lentement Apollon dans son chariot de feu commence sa longue route vers des mondes inconnus aux humbles mortels que nous sommes…
 
Mes pas me portent… me soutiennent sur l’herbe tendre d’un chemin de campagne connu de moi seule… l’entremise de mes désirs et de mon âme m’ont permise de créer avec langueur un voyage tout aussi puissant que celui du soleil. L’air frais me gaine pour protéger mon corps des brûlures de ma déraison. Arche de feuilles entremêlées, la porte de mon âme se tient devant moi… elle n’est défendue… d’aucun battant qu’il soit d’ébène ou de pierre…
 
Je reste à l’entrée, respirant fort… je n’ose plus passer la barrière de ma raison… de crainte de ne plus découvrir ce jardin de mes pensées… Ferme les yeux… un doux sourire étire mes lèvres… et guidée par ce vent familier… je pénètre la source de mes troubles.
 
Le clapotis de l’eau me fait ouvrir un œil alors qu’un sourire plus franc éclaire mon visage. Apollon a pu de sa chaleur divine, réchauffer l’atmosphère de ce lieu si beau… l’herbe verte s’étend tel un tapis tendre et accueille avec douceur mes pieds nus, orteils jouant avec les petits brins. Lentement je m’avance, alors qu’apparaît sur ce parterre des crocus de couleurs mauves, jaunes et blanches… délicates fleurs qui naissent lorsque le printemps montre le bout de son nez, prémices aux douceurs de la vie, au plaisir des voiles sur le corps. Le chêne se tient droit et fier tel un phallus fécondant la Terre de sa sève printanière, il m’invite à l’entourer de mon corps, mes mains le caressant avec tendresse et langueur. Je sens sa vie qui s’écoule, pulsion de la naissance d’une nouvelle . Alors que ses feuilles frémissent par un indicible contentement, je m’agenouille contre lui au milieu des crocus qui s’ouvrent lentement alors que le soleil, d’un rayon coquin caresse mon épaule dénudée.
 
Je me laisse alors aller et pose une main délicate dans l’eau de la marre qui se trouve à mes cotés.

 

©Alvyane

Par Alvyane
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Présentation

Mon Recueil

 Voici mon livre "Fables et Fantaisies", je l'ai écrit pour les enfants mais aussi un peu pour les parents. Il parle de petite fourmi montant de hautes montagnes, ou d'une petite fille devenant l'amie d'un loup... parfois des textes tristes, parfois des rêves éveillés... mais toujours dans l'envie de rester dans un monde de douceur.

Pour découvrir quelques textes cliquez sur la couverture du livre... qui sait vous aurez peut être envie de l'offrir.

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